Substrats du lagunage : lequel, et dans quel ordre

La zone de lagunage n'épure pas par ses plantes seules. L'essentiel du travail se joue dans le substrat, parce que c'est lui qui offre aux bactéries la surface où s'installer. Choisir ce matériau, et l'empiler dans le bon ordre, compte autant que le dimensionnement du bassin.

Pourquoi la porosité prime

Une roche poreuse développe une surface interne sans commune mesure avec son volume apparent. C'est là que se fixent les colonies décrites dans notre page sur la filtration naturelle, celles qui transforment l'ammoniac en nitrites puis en nitrates. La pouzzolane, roche volcanique alvéolée, est le matériau de référence pour cette raison : légère, très poreuse, elle se colonise vite. Les billes d'argile expansée jouent le même rôle avec une granulométrie plus régulière.

Le gravier, support et non filtre

Le gravier lavé remplit une autre fonction : il tient les racines des plantes aquatiques et laisse circuler l'eau. Le mot lavé n'est pas décoratif. Un gravier non rincé libère des fines qui troublent l'eau pendant des semaines et finissent par colmater les interstices, c'est-à-dire par supprimer précisément ce qu'on est venu chercher.

Une règle contre-intuitive : un substrat pauvre

La tentation est d'apporter de la terre pour que les plantes s'installent. C'est l'erreur la plus fréquente. Un support riche relargue phosphates et nitrates, donc nourrit exactement ce qu'on veut éviter : les nutriments sont l'un des trois facteurs qui déclenchent la prolifération évoquée dans nos repères sur les algues. Les plantes de lagunage se contentent parfaitement d'un minéral inerte, et c'est leur intérêt.

L'ordre des couches

On empile du plus grossier au plus fin en remontant : les gros éléments au fond assurent la circulation et évitent l'engorgement, les granulométries moyennes accueillent les racines, une couche fine termine en surface. Inverser cet ordre revient à filtrer par le haut et à colmater en quelques saisons. Ce découpage se pense en même temps que les volumes traités dans notre page sur la conception de la zone de lagunage, pas après coup : la profondeur disponible détermine le nombre de couches possibles.

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