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Plantes pour piscine naturelle : sélectionner les espèces épuratrices

Plantes pour piscine naturelle : sélectionner les espèces épuratrices

Les plantes pour piscine naturelle ne sont pas de simples ornements : elles constituent le moteur biologique de la filtration. Chaque espèce joue un rôle précis dans l'absorption des polluants azotés et phosphorés issus des baigneurs, des feuilles mortes et des insectes. Un choix judicieux d'espèces variées, indigènes, adaptées au climat local et aux niveaux d'eau différents, garantit une épuration efficace et une eau stable tout au long de l'été. Attention toutefois : plusieurs plantes aquatiques encore vues en jardinerie ou proposées entre particuliers sont interdites en France, il faut donc vérifier le nom latin avant tout achat.

Les plantes épuratrices de bassin les plus performantes

Parmi les plantes épuratrices bassin les plus utilisées, on distingue trois familles. Les plantes émergentes, iris des marais, jonc des chaisiers, massette, prêle aquatique, scirpe, poussent les pieds dans l'eau et la tête à l'air libre. Elles absorbent l'azote et le phosphore par leurs racines et oxygènent le substrat, favorisant l'activité bactérienne. Les plantes flottantes, nénuphars, hydrocharis (petit nénuphar indigène), couvrent la surface et limitent le réchauffement de l'eau, réduisant ainsi la prolifération des algues, ce qui compte surtout dans une piscine naturelle de petite surface, où l'eau chauffe plus vite. Les plantes submergées, myriophylle en épi ou verticillé, callitriche, cératophylle, oxygènent l'eau en profondeur et consomment directement les nutriments dissous.

FamilleEspèces indigènes conseilléesRôle dans le bassin
Émergentes (zone peu profonde)Iris des marais, jonc des chaisiers, massette, prêle aquatique, scirpeAbsorption de l'azote et du phosphore, oxygénation du substrat
FlottantesNénuphar blanc, hydrocharisOmbre sur l'eau, frein au réchauffement et aux algues
SubmergéesMyriophylle en épi, myriophylle verticillé, callitriche, cératophylleOxygénation en profondeur, consommation des nutriments dissous

Les plantes aquatiques interdites en France

Depuis l'arrêté ministériel du 14 février 2018 sur les espèces végétales exotiques envahissantes, il est interdit en métropole de détenir, transporter, échanger, mettre en vente, vendre ou acheter des spécimens vivants des espèces qu'il liste, et de les introduire dans le milieu naturel. Plusieurs plantes autrefois courantes dans les bassins d'agrément y figurent : l'élodée à feuilles étroites (Elodea nuttallii), le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), le grand lagarosiphon, les jussies (Ludwigia), la jacinthe d'eau, la laitue d'eau, l'hydrocotyle fausse-renoncule et la cabomba. Concrètement, quand une fiche de vente indique seulement « élodée » ou « myriophylle », le nom latin fait la différence : le myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum) est une espèce d'Europe, alors que le myriophylle du Brésil est prohibé. Une piscine naturelle reliée à un fossé ou à un ruisseau, par son trop-plein, peut disperser ces plantes très loin du jardin : c'est une raison de plus de s'en tenir aux espèces locales.

Combien d'espèces planter et quand

Pour réussir une piscine avec de bons végétaux aquatiques écologique, on plante habituellement 5 à 7 espèces différentes pour couvrir tous les niveaux du bassin végétal. Les espèces locales sont à privilégier : elles s'adaptent mieux au biotope, résistent aux hivers rigoureux et ne présentent pas de risque d'invasion. La densité recommandée est de 5 à 8 plants par mètre carré dans la zone de lagunage. Il est conseillé de planter au printemps, entre mars et mai, pour que les végétaux aient le temps de s'enraciner avant le début de la saison de baignade. Les plantes pour piscine naturelle se multiplient naturellement d'une saison à l'autre et doivent être régulées chaque automne pour éviter un envahissement excessif.

Entretien des végétaux et remplacement

L'entretien des plantes épuratrices est minimal mais régulier. Chaque automne, il faut couper les tiges mortes au niveau du substrat pour éviter que leur décomposition ne libère des nutriments dans l'eau. Au printemps, un bilan de vitalité permet de remplacer les espèces qui n'ont pas survécu à l'hiver ou de déstocker les touffes trop denses. Certaines plantes, comme la massette ou l'iris, sont particulièrement vigoureuses et peuvent monopoliser la zone végétale si elles ne sont pas taillées. Les déchets de taille se compostent au jardin, jamais dans un cours d'eau ou une mare voisine. Un entretien annuel de deux à trois heures suffit pour maintenir l'équilibre des plantes épuratrices bassin et garantir leur efficacité sur le long terme.

Élodée, lotus : vos questions sur les plantes du bassin

Peut-on mettre de l'élodée dans une piscine naturelle ?

Pas l'élodée à feuilles étroites (Elodea nuttallii) : sa détention et sa vente sont interdites en France métropolitaine. Pour oxygéner la zone profonde, le myriophylle en épi, le cératophylle ou la callitriche, espèces indigènes, remplissent le même rôle.

Le lotus convient-il à une piscine naturelle ?

Le lotus n'est pas une plante indigène et réclame un été chaud pour fleurir ; dans un bassin de baignade, le nénuphar blanc et l'hydrocharis couvrent la surface de façon plus fiable sous la plupart des climats français.

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